Type de consommation
Des pistes pour contrôler sa consommation
Le concept de consommation contrôlée s’est imposé de façon progressive comme un possible objectif thérapeutique. Comment se passe cette réduction de la consommation d’alcool ? Quels sont ses résultats ? Quelles sont les connaissances actuelles sur la consommation contrôlée d’alcool.
Consommation contrôlée d’alcool : qu’est-ce c’est ?
De nombreuses études scientifiques ont démontré que le risque de dépendance à l’alcool, les dommages à court et moyen terme ainsi que la mortalité augmentaient en fonction du niveau de consommation d’alcool. (1)
Pour les personnes non engagées dans une abstinence à l’alcool, la consommation contrôlée offre une alternative intéressante. En cas de succès, elle permet à la fois de réduire les risques et dommages potentiels et de soutenir un choix personnel.
Le principe de consommation contrôlée d’alcool est en cohérence avec le concept de la réduction des risques. Celui-ci s’est développé dans les années 1980, pour réduire les risques de contamination du VIH chez les consommateurs de drogue (échanges de seringue, traitements de substitution...). L’objectif est de réduire les dommages liés à une addiction. La réduction des risques et des dommages liés à l’alcool s’est imposée depuis les années 2000. Cette approche offre une alternative possible à l’abstinence.
Ce concept paraît d’autant plus intéressant que des enquêtes ont montré que près de la moitié des personnes dépendantes à l’alcool ne sont pas demandeuses d’un traitement, cela car elles ne souhaitent pas arrêter complètement de boire. (2)
Consommation d’alcool contrôlée en pratique
La consommation contrôlée d’alcool consiste en la réduction de la consommation jusqu’à atteindre un niveau faible de dommages, à savoir les recommandations des autorités sanitaires.
Les critères de réduction des dommages sont basés sur les seuils de sévérité́ proposés par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), c’est-à-dire : soit de limiter le nombre de jours avec excès (> 40 g d’alcool par jour chez les hommes et > 20g/j chez les femmes), soit de ramener les patients à un risque modéré (<20 g/j chez les hommes ou < 10g/j chez les femmes) ou de diminuer la consommation d’alcool de deux niveaux de risque.
Cependant, une étude récente (2018) a souligné que la faible consommation d’alcool représentait quand même un risque pour la santé. Cette méta-analyse basée sur la Global Burden of Disease Study a révélé que boire un seul verre d'alcool par jour pendant un an augmentait de 0,5 % le risque de développer l'un des 23 problèmes de santé liés à l'alcool, par rapport aux non-buveurs. (12)
Contrôler sa consommation exige une attention soutenue à celle-ci. Sa mise en œuvre peut passer par différentes stratégies :
- Une démarche consciente et décidée. La personne élabore à l’avance ses choix et ses plans pour la mettre en œuvre. Elle est attentive à elle-même, à son environnement et à ses consommations;
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Une auto-observation : tenue d’un tableau de bord, recueillant quotidiennement les situations au cours desquelles la personne s’est sentie particulièrement exposée et les éventuelles quantités consommées, la facilité ou les difficultés à contrôler les consommations dans différents contextes émotionnels ou sociaux ;
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Une planification : proposition de réorganisation de sa consommation, en travaillant à éviter les situations à risque (ou à s’adapter pour être en mesure de contrôler sa consommation) de perte de contrôle sur la consommation, par exemple, les rites quotidiens ou les rites hebdomadaires de fin de semaine;
- Planifier des jours de la semaine sans consommation d’alcool :
- Planifier des moments sans alcool : on recommande habituellement d’éviter les consommations lorsque la personne est confrontée à des émotions négatives ou à des stress (il est plus difficile de contrôler sa consommation à de tels moments) ; On recommande également de planifier des jours sans alcool
- Expérimenter la gestion de sa consommation dans des contextes précis pouvant être incitatifs (fête familiale, soirée...) ou générateurs d’anxiété (conflit, décision à prendre, examen, travail...) ;
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Des échanges répétés avec un professionnel de santé sur sa façon de consommer : évolution de son rapport au produit, de son rapport à soi et aux contextes auxquels il est confronté. Si vous le souhaitez, vous pouvez inviter des proches pour renforcer votre démarche, l’expliquer ou résoudre des zones de tension.
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Une anticipation et une prévention d’éventuelles sources de conflits ou de stress (ex : conflits familiaux, tensions professionnelles…)
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Quels traitements pour une réduction de la consommation d’alcool ?
Ces stratégies peuvent s'inscrire dans une approche motivationnelle, des psychothérapies (exemples : cognitives -comportementales (TCC), psycho dynamiques, systémiques).
Des thérapies médicamenteuses peuvent être également proposées comme une aide à la réduction de la consommation.
- Le Nalméfène (Selincro®) antagoniste des récepteurs opiacés a obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour réduire la consommation d’alcool des adultes ayant une dépendance à l’alcool avec une consommation à risque élevé, sans symptômes physiques de sevrage et ne nécessitant pas un sevrage immédiat. Il doit être associé à un suivi psychosocial.
- La Naltrexone (Revia®) également antagoniste des récepteurs opiacés est proposée pour réduire l’appétence pour l’alcool.
- Le Baclofène (Liorésal®, Baclofène Zentiva®), pour l'instant de manière encore limitée à la France, est indiqué dans la réduction majeure de la consommation d’alcool jusqu’à un niveau faible de consommation chez des patients alcoolodépendants à haut risque et censé être prescrit en deuxième intention. Il a une AMM en France depuis octobre 2018 dans l’indication de la réduction de la consommation d’alcool.
- L’Acamprosate (Aotal®) aide à réduire l’appétence pour l’alcool. Il est notamment utilisé pour son effet neuroprotecteur.
Malgré certaines données positives relatives au bénéfice de ces médicaments et malgré l’indication qu’ils ont obtenus dans certains pays, il apparaît d’ une méta-analyse de 2018 que les données scientifiques à disposition ne permettent pas de conclure de manière ferme à l’efficacité de ces traitements pour contrôler la consommation d’alcool(6). Ces médicaments peuvent être utiles chez certaines personnes. Les profils des personnes qui répondent bien à un médicament donné pourraient être mieux connus dans le futur. A un niveau individuel, Il faudra toujours évaluer avec votre médecin votre bénéfice personnel à prendre un médicament donné.
Quelle efficacité par rapport à l’abstinence ?
Des études ont été consacrées à l’efficacité de la réduction d’alcool par rapport à l’abstinence. Une étude a montré qu’un objectif d’abstinence complète était associée à de meilleurs résultats, tandis que la consommation contrôlée (réduction de la consommation) était associée à de résultats les plus médiocres. (7) Cependant, plusieurs études, dont celle de Burjarski et al, ont montré que les personnes ayant pour objectif une réduction de la consommation et non pas l’abstinence avaient une intensité de consommation significativement plus faible en cas de consommation d'alcool que celles qui choisissaient (et violaient) un objectif d'abstinence. (7)
L’abstinence ou la consommation contrôlée peuvent être des objectifs plausibles pour une personne donnée et qui peuvent se maintenir de manière satisfaisante dans la durée chez une partie des personnes (8). Un choix personnel éclairé, soutenu et réajusté selon les besoins et l’évolution sont probablement des facteurs de succès.
La plupart des études portant sur la consommation contrôlée d’alcool ont inclus des personnes ayant une dépendance moins sévère. Ces études sont parties de l’hypothèse qu’un tel objectif serait plus difficile pour des personnes avec une dépendance plus sévère. Si c’est votre situation et que vous souhaitez néanmoins vous orienter vers une consommation contrôlée., un soutien médical pourrait vous aider à réduire les risques de sevrage et accompagner et évaluer votre démarche.
Réduction de la consommation : les bénéfices pour la santé
La réduction des consommations parait apporter un réel bénéfice en termes de réduction des dommages. La réduction de la consommation d’alcool est associée à un risque de mortalité réduit et à une amélioration de la santé physique et mentale. (9) (10)
Des réductions de un ou deux niveaux des 4 niveaux de risque liés à la consommation d’alcool définis par l’Organisation mondiale de la santé (risque faible, risque moyen, risque fort, risque très fort) ont été proposées comme critères d’évaluation alternatifs pour mesurer la réduction de la consommation d’alcool. Cette réduction est associée à une réduction des conséquences de la consommation, à des améliorations de la santé mentale et à un risque réduit de développer une dépendance à l’alcool. Des réductions à un et deux niveaux du risque de consommation d’alcool de l’OMS pendant le traitement ont été associées à des réductions significatives de la tension artérielle systolique, à des améliorations des taux d’enzymes hépatiques et à une amélioration significative de la qualité de vie. Les auteurs ont donc conclu que « les niveaux de risque de l’OMS en matière de consommation d’alcool pourraient être utiles dans la pratique médicale pour identifier les objectifs de réduction de la consommation d’alcool qui correspondent à des améliorations cliniquement significatives de la santé et de la qualité de vie » (11)
Une étude récente invite à baisser encore ces seuils. En effet, elle conclut que même une faible consommation d’alcool représentait quand même un risque pour la santé. Cette méta-analyse basée sur la Global Burden of Disease Study a révélé que boire un seul verre d'alcool par jour pendant un an augmentait de 0,5 % le risque de développer l'un des 23 problèmes de santé liés à l'alcool, par rapport aux non-buveurs. (12)
Vous pouvez déterminer le changement que vous souhaitez cibler pour vous-mêmes. Ce changement vous appartient. Tenez compte compte de vos préférences et valeurs. Vous pouvez trouver au travers de stop-alcool, de la tribu, de votre entourage, de réseaux d’entraide, et de vos soignants une aide utile et un soutien. Monitorez-vous, prenez confiance et améliorez successivement vos objectifs et votre approche pour qu’ils répondent le mieux possible à vos besoins et servent la vie que vous voulez vivre.
Important : Tout sevrage d'alcool nécessite une prise en charge par un médecin (de famille ou spécialiste). Chaque individu va réagir différemment à l'introduction d'un traitement. Certaines complications liées aux syndromes de sevrage peuvent apparaître (crise d'epilepsie, détresse respiratoire, delirium tremens, hallucinations, etc.). |
(Auteurs : A-S. Glover-Bondeau | Dr. Y. Khazaal | mai 2019)
Références :
- Rehm J., Zatonksi W., Taylor B., Anderson P., Epidemiology and alcohol policy in Europe, Addiction, volume 106 s1, mars 2011, p. 11-19.
- Substance Abuse and Mental Health Services Administration: Results from the 2013 National Survey on Drug Use and Health: Summary of National Findings. Rockville, Substance Abuse and Mental Health Services Administration, 2014.
- Mann K, Aubin HJ, Witkiewitz K. In Reduced Drinking un Alcool Dependance Treatment, What is The Évidence ? Eur Addict Res. 2017;23(5):219-230.
- L Ray, JL Krull, L Leggio - The effects of naltrexone among alcohol non-abstainers: results from the COMBINE Study, Frontiers in psychiatry, 2010.
- Mason BJ, Goodman AM, Chabac S, Lehert P. Effect of oral acamprosate on abstinence in patients with alcohol dependence in a double-blind, placebo-controlled trial: the role of patient motivation. J Psychiatr Res. 2006 Aug;40(5):383-93. Epub 2006 Mar 20.
- Palpacuer C, Duprez R, Huneau A, Locher C, Boussageon R, Laviolle B, Naudet F, Pharmacologically controlled drinking in the treatment of alcohol dependence or alcohol use disorders: a systematic review with direct and network meta-analyses on nalmefene, naltrexone, acamprosate, baclofen and topiramate, Addiction. 2018 Feb;113(2):220-237.
- Bujarski S, O'Malley SS, Lunny K, Ray LA. The effects of drinking goal on treatment outcome for alcoholism, ) J Consult Clin Psychol. 2013 Feb;81(1):13-22.
- Kline-Simon AH, Litten RZ, Weisner CM, Falk DE. Posttreatment Low-Risk Drinking as a Predictor of Future Drinking and Problem Outcomes Among Individuals with Alcohol Use Disorders: A 9-Year Follow-Up. Alcohol Clin Exp Res. 2017 Mar;41(3):653-658.
- Shield KD, Gmel G, Makela P, Probst C, Room R, Rehm J: Life-time risk of mortality due to different levels of alcohol consumption in seven European countries: implications for low-risk drinking guidelines. Addiction 2017;112:1535-1544.
- Charlet K, Heinz A: Harm reduction-a systematic review on effects of alcohol reduction on physical and mental symptoms. Addict Biol 2016;22:1119-1159. External Resources.
- Witkiewitz K, et al Drinking Risk Level Reductions Associated with Improvements in Physical Health and Quality of Life Among Individuals with Alcohol Use Disorder. Alcohol Clin Exp Res. 2018.
- R.Burton, N.Sheron (2018). No level of alcohol consumption improves health. The Lancet (392), issue 10152. P987-988
Sources :
- La réduction des risques et des dommages est-elle efficace et quelles sont ses limites en matière d’alcool ? Henri-Jean AUBIN, Inserm, 2016
Les dangers d'un sevrage brutal : le Delirium Tremens
Le Delirium Tremens survient rapidement chez les personnes qui sont très dépendantes à l'alcool, lorsqu'elles arrêtent de boire. C'est la conséquence la plus grave du syndrome de manque.
Comme son nom l'indique, il s'agit d'un délire tremblant. C'est une complication grave typique du sevrage d'alcool, qui est potentiellement mortelle, notamment en raison du risque de déshydratation et d'étouffement (conséquence de l'agitation). Il existe des médicaments pour calmer ces symptômes.
C'est pourquoi tout sevrage d'alcool nécessite impérativement un suivi médical.
Dans le cerveau, l’alcool reproduit l’effet d'un neurotransmetteur dénommé gaba, qui contrôle la communication entre les neurones en inhibant le rôle d’autres neurotransmetteurs excitants tels la noradrénaline, la sérotonine ou la dopamine… Le cerveau intoxiqué à l’alcool réduit donc la production de gaba.
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Lors d’un sevrage brutal, la production de gaba est insuffisante pour limiter l’action des neurotransmetteurs excitants. Le cerveau rentre alors en suractivité et le système nerveux n’est plus capable de contrôler la tension artérielle, le rythme cardiaque et la température du corps. Le patient souffre alors d’hallucinations, d’hypertension, de fièvre, et risque la mort.
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Attention : Certaines de ces complications sont potentiellement graves et dangereuses. Les crises d'épilepsie prolongées peuvent aboutir à une détresse respiratoire avec manque d'oxygène.
Nul autre qu'Emile Zola n'a su aussi bien décrire les ravages que provoquent l'alcoolisme à son époque. Dans son ouvrage l'Assomoir, totalement consacré au monde ouvrier, l'écrivain y restitue la langue et les mœurs des ouvriers, tout en décrivant les ravages causés par la misère et l'alcoolisme. Il y fait une description du Delirium Tremens la plus réaliste.
À sa parution, l'ouvrage suscite de vives polémiques car il est jugé trop cru. Mais c'est ce réalisme qui, cependant, provoque son succès, assurant à l'auteur fortune et célébrité.
Voici un extrait de l'Assomoir de Emile Zola (Ch.VIII)
"Coupeau, malade, a dévasté la chambre. La porte s'ouvrit, mais le porche était noir, et quand elle frappa à la vitre de la loge pour demander sa clef, la concierge ensommeillée lui cria une histoire à laquelle elle n'entendit rien d'abord. Enfin, elle comprit que le sergent de ville Poisson avait ramené Coupeau dans un drôle d'état, et que la clef devait être sur la serrure. "Fichtre! murmura Lantier, quand ils furent entrés, qu'est-ce qu'il a donc fait ici ? C'est une vraie infection." En effet, ça puait ferme. Gervaise, qui cherchait des allumettes, marchait dans du mouillé. Lorsqu'elle fut parvenue à allumer une bougie, ils eurent devant eux un joli spectacle. Coupeau avait rendu tripes et boyaux ; il y en avait plein la chambre ; le lit en était emplâtré, le tapis également, et jusqu'à la commode qui se trouvait éclaboussée. Avec ça, Coupeau, tombé du lit ou Poisson devait l'avoir jeté, ronflait là-dedans, au milieu de son ordure. Il s'y étalait, vautré comme un porc, une joue barbouillée, soufflant son haleine empestée par sa bouche ouverte, balayant de ses cheveux déjà gris la mare élargie autour de sa tête. "Oh! le cochon ! le cochon ! répétait Gervaise indignée, exaspérée. Il a tout sali... Non, un chien n'aurait pas fait ça, un chien crevé est plus propre. Tous deux n'osaient bouger, ne savaient où poser le pied. Jamais le zingueur n'était revenu avec une telle culotte et n'avait mis la chambre dans une ignominie pareille. Aussi, cette vue-là portait un rude coup au sentiment que sa femme pouvait encore éprouver pour lui. Autrefois, quand il rentrait éméché ou poivré, elle se montrait complaisante et pas dégoûtée. Mais, à cette heure, c'était trop, son cœur se soulevait. Elle ne l'aurait pas pris avec des pincettes. L'idée seule que la peau de ce goujat chercherait sa peau, lui causait une répugnance, comme si on lui avait demandé de s'allonger à côté d'un mort, abîmé par une vilaine maladie. "Il faut pourtant que je me couche", murmura-t-elle. "Je ne puis pas retourner coucher dans la rue... Oh ! je lui passerai plutôt sur le corps." Elle tâcha d'enjamber l'ivrogne et dut se retenir à un coin de la commode, pour ne pas glisser dans la saleté. Coupeau barrait complètement le lit. Alors, Lantier, qui avait un petit rire en voyant bien qu'elle ne ferait pas dodo sur son oreiller cette nuit-là, lui prit une main, en disant d'une voix basse et ardente : "Gervaise... écoute, Gervaise..." Mais elle avait compris, elle se dégagea, éperdue, le tutoyant à son tour comme jadis. "Non, laisse-moi... Je t'en supplie, Auguste, rentre dans ta chambre... Je vais m'arranger, je monterai dans le lit par les pieds... – Gervaise, voyons, ne fais pas la bête, répétait-il. Ça sent trop mauvais, tu ne peux pas rester... Viens. Qu'est-ce que tu crains ? Il ne nous entend pas, va !" Elle luttait, elle disait non de la tête, énergiquement. Dans son trouble, comme pour montrer qu'elle resterait là, elle se déshabillait, jetait sa robe de soie sur une chaise, se mettait violemment en chemise et en jupon, toute blanche, le cou et les bras nus. Son lit était à elle, n'est-ce pas ? elle voulait coucher dans son lit. À deux reprises, elle tenta encore de trouver un coin propre et de passer. Mais Lantier ne se lassait pas, la prenait à la taille, en disant des choses pour lui mettre le feu dans le sang. Ah ! elle était bien plantée avec un loupiat de mari par-devant, qui l'empêchait de se fourrer honnêtement sous sa couverture, avec un sacré salaud d'homme par-derrière, qui songeait uniquement à profiter de son malheur pour la ravoir ! Comme le chapelier haussait la voix, elle le supplia de se taire. Et elle écouta, l'oreille tendue vers le cabinet ou couchaient Nana et maman Coupeau. La petite et la vieille devaient dormir, on entendait une respiration forte."
Le « Binge drinking »
Le Binge drinking ou consommation excessive d’alcool lors d’une même occasion est très répandu en Europe, avec des spécificités selon les pays. Ce phénomène, dont le but est l’ivresse, touche surtout les jeunes, notamment les étudiants de 18 à 25 ans, avec des conséquences sérieuses sur leur santé. Face à cette situation, la prévention doit se faire dès le plus jeune âge à travers des campagnes d’information ciblées.
« Binge drinking » : un phénomène répandu chez les jeunes Européens
Le Binge drinking (de binge : bringue et drink : boire), que l’on peut traduire en français par « biture express » ou « alcool défonce » ou « beuverie » touche les jeunes Européens de 15 à 25 ans dans tous les pays. Dans les faits, il s’agit de consommer de l’alcool de façon excessive et rapide (au moins 5 verres pour les hommes et 4 pour les femmes en une seule occasion) dans le seul but d’être saoul le plus vite possible. Cette consommation excessive se fait dans les soirées dans les bars et discothèques mais de plus en plus dans la rue, les parcs, les gares, le domicile des parents, avec de l’alcool acheté en grandes surfaces.
Le phénomène, plus répandu dans les pays anglo-saxons et nordiques, est en progression. Ainsi, en Allemagne, le pourcentage d’adolescents ayant expérimenté le Binge drinking dans le mois est passé de 20% en 2005 à 26% en 2007. Ce phénomène s’est amplifié en France également, avec une augmentation de plus de 10 % de la consommation sévère d’alcool entre 2005 et 2008. En 2006, 80 millions Européens âgés de plus de 15 ans ont signalé au moins un épisode de binge drinking. (1) Les plus touchés sont les étudiants de 18 à 25 ans, l’entrée à l’université marquant le début d’une progression dans la prise d’alcool et de drogues.
(Rubrique "Allo Docteurs.fr" | Le Magazine de la santé | 2016)
Pourquoi cette montée en puissance de cette consommation excessive épisodique? Le fait de consommer de l’alcool de façon exagérée lors de soirées peut s’expliquer par la pression sociale exercée par les pairs : on boit pour être intégré socialement. La dimension intégratrice du binge-drinking passe souvent par des jeux, des défis et des rites. Cela peut même mettre servir de rite de passage pour faire partie d’un groupe. Les normes sociales font passer le Binge drinking comme un phénomène normal aux yeux des jeunes. En outre, des études montrent que les jeunes consomment de l’alcool de façon massive également pour diminuer leur stress ou une impression de solitude.
Les dangers du « Binge drinking »
Le Binge drinking entraîne des troubles du comportement classiquement liés à la consommation d’alcool : conduites sexuelles à risque (rapports sexuels non protégés d’où risque de maladies sexuellement transmissibles et de grossesse non désirée) et conduite en état d’ivresse. En Europe, 10% des accidents mortels chez la jeune fille et 25 % chez le jeune garçon sont ainsi liés à l'intoxication à l'alcool. D’autres risques sont plus spécifiquement dus à l’alcoolisation massive : coma éthylique parfois mortel, troubles digestifs, cardiovasculaires et surtout cognitifs - des études expérimentales ont trouvés des déficits neurocognitifs du lobe frontal chez les binge-drinkers et une perte de mémoire-, pancréatites aigues, hypertension, tentatives de suicide, augmentation du risque de consommations de drogues (cannabis, cocaïne…). Le Binge drinking a également des conséquences importantes sur la vie sociale : violences aux personnes (agressions, viols, violence domestique), grossesse non désirée, syndrome d’alcoolisation fœtale, baisse des résultats scolaires… Une forte corrélation dose-réponse a été trouvée entre la fréquence des sessions de Binge drinking et la fréquence d’autres comportements à risque. (2) Les jeunes dans l’ensemble ne connaissent pas les risques liés à cette consommation excessive et rapide d’alcool. Une étude, réalisée en 2006 par le ministère fédéral en Allemagne sur cinq cents adolescents admis dans les services d'urgences, a pointé une grande naïveté et une inconscience des risques liés à l'alcool. (3)
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« Binge drinking » : quelle prévention ?
Différentes études ont cherché à trouver quelle pouvait être la meilleure prévention de cette consommation massive d’alcool. Il ressort de celles-ci que mettre en place des programmes ciblés à destination des très jeunes adolescents aide à retarder la consommation excessive d’alcool (les épisodes d’’ivresse), en particulier chez les jeunes présentant une personnalité à risque (recherche de sensations fortes). (4) Une méta-analyse réalisée en 2007 démontre, elle, que des programmes ciblés sur les risques liés à l’alcool réduisent la quantité et la fréquence des consommations d’alcool chez les étudiants. Les programmes les plus efficaces sont ceux qui utilisent le face-à-face, des entretiens motivationnels et un retour personnalisé. Cependant, ceux-ci ont montré leurs limites face aux gros buveurs. Des programmes spécifiques devront être développés pour ce type de Binge drinkers. Une autre façon de combattre le Binge drinking est de changer la perception qu’ont les étudiants de ce phénomène et de leur faire comprendre que ce n’est pas un comportement normal ou sain. Une étude réalisée en 2000 a montré que ce type d’intervention était cependant efficace seulement chez des jeunes qui pratiquaient le Binge drinking depuis peu. (5) Autres stratégies évoquées pour faire baisser ce mode de consommation ? La mise en application du respect de l’âge minimum pour boire et une hausse des taxes sur l’alcool.
Les pays Européens ont d’ores et déjà mis en place des programmes de prévention pour lutter contre le phénomène Binge drinking. En Allemagne, le programme HaLT : Hart am Limit (" Stop : c'est la limite ") consiste en un repérage des consommateurs excessifs au moment de l'hospitalisation dans le service des urgences. Lorsqu’une alcoolisation massive est repérée chez un adolescent, il est possible de faire appel à un intervenant extérieur qui rencontre le jeune directement. Au programme ? Une discussion sur les dangers de l’alcool, une rencontre avec la famille, une proposition de réunion de groupe, parfois des entretiens motivationnels. Le programme Drank maakt meer kapot dan je lief is (" La boisson te détruit plus que tu ne le crois ") aux Pays Bas cible trois populations : les jeunes qui ne boivent pas encore, ceux qui pratiquent le Binge drinking et les jeunes adultes demandeurs d’aide. Ce programme consiste à informer le grand public sur les dangers de l’alcool, à sensibiliser les jeunes et leur entourage et à mieux identifier les groupes cibles pour cerner les objectifs à atteindre, donc à rencontrer des jeunes, y compris via Internet, pour mieux connaître leurs motivations à une telle consommation.
Pour continuer à lutter contre le Binge drinking, il faut intensifier les recherches sur les motivations des jeunes à se comporter ainsi et sur les messages à délivrer afin de mettre en place des programmes de prévention et d’action efficaces.
(Auteur: A.-S. Glover-Bondeau | 2011| Update 2019)
Références
- Eurobarometer, « Attitudes Towards Alcohol » 2007
- Jacqueline W. Miller, Timothy S. Naimi, Robert D. Brewer, Sherry Everett Jones, Binge Drinking and Associated Health Risk Behaviors Among High School Students, Pediatrics Vol. 119 No. 1 January 1, 2007, pp. 76 -8
- Dr Olivier Phan, Binge drinking chez les jeunes Européens : les programmes allemands et néerlandais de prévention, La santé de l’homme 398, novembre-décembre 2008, pages 36- 38
- Conrod PJ, Castellanos N, Mackie C., Personality-targeted interventions delay the growth of adolescent drinking and binge drinking, Journal of American College Health, v49 n2 p85-92 Sep 2000 et Botvin GJ, Griffin KW, Diaz T, Ifill-Williams M. Preventing binge drinking during early adolescence: one- and two-year follow-up of a school-based preventive intervention, Psychol Addict Behav. 2001 Dec;15(4):360-5.
- Werch, Chudley E.; Pappas, Deborah M.; Carlson, Joan M.; DiClemente, Carlo C.; Chally, Pamela S.; Sinder, Jacqueline A., Results of a social norm intervention to prevent binge drinking among first-year residential college students, Journal of American College Health, v49 n2 p85-92 Sep 2000
Etudes
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- Henry Wechsler, Jae Eun Lee, Meichun Kuo, Mark Seibring, Toben F Nelson, Hang Lee, Trends in college binge drinking during a period of increased prevention efforts: Findings from 4 Harvard School of Public Health College Alcohol Study surveys: 1993-2001, Journal of American college health J of ACH (2002), Volume: 50, Issue: 5, Pages: 203-217
- Wechsler H, Lee JE, Kuo M, Lee H., College binge drinking in the 1990s: a continuing problem. Results of the Harvard School of Public Health 1999 College Alcohol Study, J Am Coll Health. 2000 Mar;48(5):199-210
- Kelly E. Courtney and John Polich, Binge Drinking in Young Adults: Data, Definitions, and Determinants, Psychol Bull. 2009 January; 135(1): 142–156
- Jacqueline W. Miller, Timothy S. Naimi, Robert D. Brewer, Sherry Everett Jones, Binge Drinking and Associated Health Risk Behaviors Among High School Students, Pediatrics Vol. 119 No. 1 January 1, 2007, pp. 76 -85
- Timothy S. Naimi, Robert D. Brewer, Ali Mokdad, Clark Denny, Mary K. Serdula, James S. Marks, Binge Drinking Among US Adults, JAMA. 2003; 289(1):70-75- Brian Borsari, Kate B. Carey, Peer influences on college drinking: A review of the research, Journal of Substance Abuse 13 (2001) 391–424- Dr Olivier Phan, Binge drinking chez les jeunes Européens : les programmes allemands et néerlandais de prévention, La santé de l’homme 398, novembre-décembre 2008, pages 36- 38.
Interventions
- Werch, Chudley E.; Pappas, Deborah M.; Carlson, Joan M.; DiClemente, Carlo C.; Chally, Pamela S.; Sinder, Jacqueline A., Results of a social norm intervention to prevent binge drinking among first-year residential college students, Journal of American College Health, v49 n2 p85-92 Sep 2000- Conrod PJ, Castellanos N, Mackie C., Personality-targeted interventions delay the growth of adolescent drinking and binge drinking, Journal of American College Health, v49 n2 p85-92 Sep 2000
- Michael P. Haines, and Sherilyn F. Spear, Changing The Perception of The Norm: A Strategy To Decrease Binge Drinking Among College Students, Journal of American College Health, November 01, 1996
- Botvin GJ, Griffin KW, Diaz T, Ifill-Williams M. Preventing binge drinking during early adolescence: one- and two-year follow-up of a school-based preventive intervention, Psychol Addict Behav. 2001 Dec;15(4):360-5.
- Holder HD, Gruenewald PJ, Ponicki WR, Treno AJ, Grube JW, Saltz RF, Voas RB, Reynolds R, Davis J, Sanchez L, Gaumont G, Roeper P., Effect of community-based interventions on high-risk drinking and alcohol-related injuries. JAMA. 2000 Nov 8;284(18):2341-7.-Beich A, Thorsen T, Rollnick S., Screening in brief intervention trials targeting excessive drinkers in general practice: systematic review and meta-analysis, BMJ. 2003 Sep 6; 327(7414):536-42
- Kate B. Carey, Lori A. J. Scott-Sheldon, Michael P. Carey, and Kelly S. DeMartini, Individual-Level Interventions to Reduce College Student Drinking: A Meta-Analytic Review, Addict Behav. 2007 November; 32(11): 2469–2494.
Sevrage : quels sont les symptômes de manque ?
Arrêter de boire n'est pas facile, surtout si l'on est dépendant de l'alcool. L'organisme, habitué à recevoir une quantité d'alcool, réagit par divers symptômes de manque, appelés syndrome de sevrage, qui surviennent déjà après quelques heures de privation.
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Les symptômes de sevrage
- Hyperactivité du système nerveux autonome (par exemple, sueurs ou pouls supérieur à 100/minute)
- Tremblement des mains
- Insomnie
- Nausée ou vomissement
- Hallucinations temporaires visuelles, auditives ou tactiles ou illusions
- Agitation psychomotrice
- Anxiété
- Crises d'épilepsie
- Crise de Delirium Tremen
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Les dangers d'un sevrage brutal : le Delirium Tremens
Le Delirium Tremens survient rapidement chez les personnes qui sont très dépendantes à l'alcool, lorsqu'elles arrêtent de boire. C'est la conséquence la plus grave du syndrome de manque.
Comme son nom l'indique, il s'agit d'un délire tremblant. C'est une complication grave typique du sevrage d'alcool, qui est potentiellement mortelle, notamment en raison du risque de déshydratation et d'étouffement (conséquence de l'agitation). Il existe des médicaments pour calmer ces symptômes.
C'est pourquoi tout sevrage d'alcool nécessite impérativement un suivi médical.
Dans le cerveau, l’alcool reproduit l’effet d'un neurotransmetteur dénommé gaba, qui contrôle la communication entre les neurones en inhibant le rôle d’autres neurotransmetteurs excitants tels la noradrénaline, la sérotonine ou la dopamine… Le cerveau intoxiqué à l’alcool réduit donc la production de gaba.
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Lors d’un sevrage brutal, sa fabrication est insuffisante pour limiter l’action des neurotransmetteurs excitants. Le cerveau rentre alors en suractivité et le système nerveux n’est plus capable de contrôler la tension artérielle, le rythme cardiaque et la température du corps. Le patient souffre alors d’hallucinations, d’hypertension, de fièvre, et risque la mort.
Attention : Certaines de ces complications sont potentiellement graves et dangereuses. Les crises d'épilepsie prolongées peuvent aboutir à une détresse respiratoire avec manque d'oxygène.
Un Delirium Temens nécessite une prise en charge médicale.
Il est absolument vital de ne jamais laisser la personne seule durant son délire !
Nul autre qu'Emile Zola n'a su aussi bien décrire les ravages que provoquent l'alcoolisme à son époque. Dans son ouvrage l'Assomoir, totalement consacré au monde ouvrier, l'écrivain y restitue la langue et les mœurs des ouvriers, tout en décrivant les ravages causés par la misère et l'alcoolisme. Il y fait une description du Delirium Tremens la plus réaliste.
À sa parution, l'ouvrage suscite de vives polémiques car il est jugé trop cru. Mais c'est ce réalisme qui, cependant, provoque son succès, assurant à l'auteur fortune et célébrité.
Voici un extrait de l'Assomoir de Emile Zola (Ch.VIII)
"Coupeau, malade, a dévasté la chambre. La porte s'ouvrit, mais le porche était noir, et quand elle frappa à la vitre de la loge pour demander sa clef, la concierge ensommeillée lui cria une histoire à laquelle elle n'entendit rien d'abord. Enfin, elle comprit que le sergent de ville Poisson avait ramené Coupeau dans un drôle d'état, et que la clef devait être sur la serrure. "Fichtre! murmura Lantier, quand ils furent entrés, qu'est-ce qu'il a donc fait ici ? C'est une vraie infection." En effet, ça puait ferme. Gervaise, qui cherchait des allumettes, marchait dans du mouillé. Lorsqu'elle fut parvenue à allumer une bougie, ils eurent devant eux un joli spectacle. Coupeau avait rendu tripes et boyaux ; il y en avait plein la chambre ; le lit en était emplâtré, le tapis également, et jusqu'à la commode qui se trouvait éclaboussée. Avec ça, Coupeau, tombé du lit ou Poisson devait l'avoir jeté, ronflait là-dedans, au milieu de son ordure. Il s'y étalait, vautré comme un porc, une joue barbouillée, soufflant son haleine empestée par sa bouche ouverte, balayant de ses cheveux déjà gris la mare élargie autour de sa tête. "Oh! le cochon ! le cochon ! répétait Gervaise indignée, exaspérée. Il a tout sali... Non, un chien n'aurait pas fait ça, un chien crevé est plus propre." Bibliothèque nationale de France Atelier pédagogique : Autour de l'Assommoir d'Émile Zola 5 Tous deux n'osaient bouger, ne savaient où poser le pied. Jamais le zingueur n'était revenu avec une telle culotte et n'avait mis la chambre dans une ignominie pareille. Aussi, cette vue-là portait un rude coup au sentiment que sa femme pouvait encore éprouver pour lui. Autrefois, quand il rentrait éméché ou poivré, elle se montrait complaisante et pas dégoûtée. Mais, à cette heure, c'était trop, son cœur se soulevait. Elle ne l'aurait pas pris avec des pincettes. L'idée seule que la peau de ce goujat chercherait sa peau, lui causait une répugnance, comme si on lui avait demandé de s'allonger à côté d'un mort, abîmé par une vilaine maladie. "Il faut pourtant que je me couche, murmura-t-elle. Je ne puis pas retourner coucher dans la rue... Oh ! je lui passerai plutôt sur le corps." Elle tâcha d'enjamber l'ivrogne et dut se retenir à un coin de la commode, pour ne pas glisser dans la saleté. Coupeau barrait complètement le lit. Alors, Lantier, qui avait un petit rire en voyant bien qu'elle ne ferait pas dodo sur son oreiller cette nuit-là, lui prit une main, en disant d'une voix basse et ardente : "Gervaise... écoute, Gervaise..." Mais elle avait compris, elle se dégagea, éperdue, le tutoyant à son tour comme jadis. "Non, laisse-moi... Je t'en supplie, Auguste, rentre dans ta chambre... Je vais m'arranger, je monterai dans le lit par les pieds... – Gervaise, voyons, ne fais pas la bête, répétait-il. Ça sent trop mauvais, tu ne peux pas rester... Viens. Qu'est-ce que tu crains ? Il ne nous entend pas, va !" Elle luttait, elle disait non de la tête, énergiquement. Dans son trouble, comme pour montrer qu'elle resterait là, elle se déshabillait, jetait sa robe de soie sur une chaise, se mettait violemment en chemise et en jupon, toute blanche, le cou et les bras nus. Son lit était à elle, n'est-ce pas ? elle voulait coucher dans son lit. À deux reprises, elle tenta encore de trouver un coin propre et de passer. Mais Lantier ne se lassait pas, la prenait à la taille, en disant des choses pour lui mettre le feu dans le sang. Ah ! elle était bien plantée avec un loupiat de mari par-devant, qui l'empêchait de se fourrer honnêtement sous sa couverture, avec un sacré salaud d'homme par-derrière, qui songeait uniquement à profiter de son malheur pour la ravoir ! Comme le chapelier haussait la voix, elle le supplia de se taire. Et elle écouta, l'oreille tendue vers le cabinet ou couchaient Nana et maman Coupeau. La petite et la vieille devaient dormir, on entendait une respiration forte."
Les différents types de consommation
Il existe autant de manières de boire que de buveurs. Certaines peuvent être très problématiques, mettant en péril la santé physique ou mentale non seulement du consommateur, mais également de son entourage. Pourtant, on sait aujourd'hui que toute consommation d'alcool est nocive pour la santé.
Quelle que soit la quantité consommée, la consommation d'alcool ne permet pas d'être en meilleure santé (R.Burton, Lancet 2018).
Même si l'alcool à faible dose protège de l'infarctus, cet effet bénéfique est annulé par le risque accru de cancers et d'autres maladies telles l'accident vasculaire cérébral ou la cirrhose.
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Jusque dans les années 2000, les effet néfastes de l'alcool sur la santé ont été sous-estimés. Ils sont pourtant nombreux et multiples. On dénombre de nombreux cancers (l'alcool est en cause dans 5.8 % des cancers mortels), problèmes vasculaires, digestifs ou psychiques, etc... la liste est longue. De nombreuses maladies sont souvent méconnues du grand public (Connors, 2016 et Seitz, 2017).
Un usage modéré et occasionnel d'alcool telles sont les nouvelles recommandations de l'OMS :
(Repères 2018 de la Commission Fédérale pour les problèmes liés à l'alcool (CFAL))
Qu'en pensez-vous?
Ce qui est essentiel, c'est que vous sachiez précisément ce que la consommation d'alcool signifie pour vous. Si elle représente - ou non - un risque pour votre santé, votre bien-être et celui de votre famille, ou votre avenir.
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Dans cette section, vous pouvez découvrir différentes définitions de la consommation d'alcool, du simple usage à la dépendance et vous pourrez ainsi faire le point sur votre consommation personnelle.
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Références
- R.Burton, N.Sheron (2018). No level of alcohol consumption improves health. The Lancet (392), issue 10152. P987-988.
- Une nouvelle étude le confirme : avec l'alcool, pas d'effet zéro. OMS (09.2018)
- Recommandations 2017 d'Addiction Suisse et de la Commission fédérale pour les problèmes liés à l'alcool (CFAL) de l'OFSP.